Vendredi 28 octobre 2011 5 28 /10 /Oct /2011 18:35

     Le nombre de trails ne cesse d'augmenter. Certes, la nature n'accueillera jamais de grandes foules, par exemple 40 000 participants comme le font les grands marathons,heureusement pour sa préservation !

      Et si le trail a le vent en poupe, ce n'est pas uniquement grâce à l'attirance de la nature.

      1ère raison.  Les stations touristiques, surtout en montagne, ont trouvé en lui une bonne formule pour attirer une nouvelle clientèle sportive, remplissant hôtels et restaurants lors des périodes creuses, comme elles le font déjà avec les courses cyclosportives.

       2ème raison.  Les fabricants d'articles de sport ont trouvé dans le trail un nouveau filon, les magasins spécialisés aussi. Quand un marathonien se contente d'une paire de chaussures à 100 euros tous les 6 mois, le traileur ne ressort pas du magasin sans avoir dépensé plusieurs fois cette somme, compte tenu de tous les équipements indispensables pour le trail, surtout en compétition où certains articles sont obligatoires si on veut être admis au départ.

    Certains coureurs commencent à s'en plaindre : "si je n'entre que pour les chaussures, le vendeur me fait la gueule", me disait hier encore un bon coureur sur route.

         3ème raison.   Les grands équipementiers possèdent presque tous des "teams" de compétition trail. Ils rétribuent leurs traileurs, et insistent maintenant auprès des organisateurs de grands trails pour que ceux-ci remettent des primes en argent aux premiers classés. Ainsi les membres des teams auraient la possibilité (en additionnant tout) de gagner leur vie en ne faisant que du trail, ou au moins de devenir des semi-professionnels. Pour le récent trail des Templiers, les organisateurs annonçaient 2000 euros au vainqueur : une première dans ce sport considéré jusqu'ici comme le temple de l'amateurisme et du sport sans grands enjeux sportifs ni médiatiques.

          Avec l'arrivée de l'argent dans le trail, bien des choses vont changer : l'état d'esprit, l'ambiance, des risques aussi (un accroissement du dopage).

           4ème raison.  L'effet mode : on commence à voir disparaître de sympathiques petites courses de 10 à 15 km, pourtant pas organisées entre deux barres de béton, au profit de trails de 25 à 35 km au moins. Ici et là, la clientèle des joggeurs, des joggeuses, des jeunes, des vétérans, des débutants, n'a plus qu'à rester chez elle le dimanche matin  !  Car la plupart de ces trails ne s'adressent plus à la même clientèle sportive, les nouveaux traileurs venant souvent d'autres sports (VTT, triathlon, ski, aviron,  randonneurs, etc.). Autre cas, cette course de 10 km en Languedoc-Roussilon qui se déroulait en partie sur des chemins vicinaux goudronnés ; cèdant à la mode, les organisateurs l'ont transformé en mini-trail avec des sentiers ultra-caillouteux. Résultat : en 2 ans le nombre des participants est tombé de 400 à 250. Les chaussuriers et les magasins de sport voient-ils le danger qui les menace en retour ? Et la FFA, qui a en charge la course à pied hors stade, ne devrait-elle pas surveiller de près  cette évolution, avec en plus l'augmentation vertigineuse des difficultés dans les trails (kilométrage, dénivelé, notamment) qui, dans certains cas, deviennent déraisonnables, et ne vont pas dans le sens du sport-santé, objectif premier (à l'origine) de la CAP ?

                                                                                                                      MICHEL  DELORE

 


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Commentaires

Salut, en tant qu'entraineur d'athlé mais coté piste auprès des jeunes, je trouve ton article très fondés et plein de vérités. J'irai peut être plus loin dans mon constat sur la surmultiplication des trails par rapport aux courses hors stade. Aujourd'hui organiser un trail est bien plus facil qu'une course sur route, tu trouves un chemin "balisé" avec point de départ et arrivée et t'as fait 90% du boulot, moins besoin d'autorisations préfectorales...Aujourd'hui le constat allarmant est que finalement peu importe la qualité des sportifs. la majorité des coureurs de trails est un public venant d'horizon divers (comme tu le dis) et par conséquent peut être d'une qualité inférieure à des spécialistes de la piste qui montaient sur routes. on vulgarise la performance. aujourd'hui courir un trail est un réel "défi", peu importe le chrono. surtout qu'il est impossible de comparer 2 trailers qui auraient fait le même chrono car le dénivelé n'est jamais le même d'une épreuve à une autre. Du coup il est très difficile de faire une hiérarchie entre les trailers, tant mieux pour eux. l'athlé n'est pas un loisir c'est un sport. la course à pied n'est pas un sport mais un loisir. il faut savoir dans quelle basket on chausse...
Commentaire n°1 posté par coachfab le 31/10/2011 à 23h37
bonjour,
je tombe par hasard sur ce blog et je réagis à certains articles et réponses.

j'organise la course de montagne :COURSE DES CRETRES DU PAYS BASQUE " à ESPELETTE pour la 37 ième fois à ESPELETTE en juillet 2012 voir www.force-basque.org

Le trail va-t-il tuer la course hors stade?
je ne sais pas ,mais ce qui est certain ,c'est que la course en pleine nature (montagne,nature , trail ) a modifié voire ouvert le domaine d'expression des coureurs à pied.
pour moi jusque là c'est positif.

Là où je vois des risques c'est sur l'inflation à haut risque,car sans recul actuellement sur l'augmentation frénétique dans certains cas de la distance,et de la répétition gargantuesque en la matière pour certains.
Amon avis attention aux lendemains qui déchantent au même titre ques les métiers pénibles de la vie professionnelle.

Pur également répondre à l'article indiquant qu'il est plus facile d'organiser un trail qu'une course sur route,c'est faux .
Jai été organisateur des 2 catégories d'évènement.
je me suis volontairement orienté vers la course en montagne par goût personnel et ayant en 1971 voulu m'engager dans un domaine non exploré,en m'inspirant de l'exemple SUISSE ( SIERRE ZINAL et autres courses Helvètes )

je pense que si tous les organisateurs de quelque sport que ce soit ,mais en ce qui nous concerne surtout de courses pédestres et en particulier de trail,savaient les risques encourus en terme de responsabilité,beaucoup auraient peur et se décourageraient.
en effet la loi du sport voir artcles officiels sur internet, oblige entr'aures à être en mesure de secourir médicalement un coureur en quelque lieu que ce soit et en un temps évalué à moins de 5 minutes.
il faut que l'organisateur assure la liaison secours véhicule et ransport à tout moment et tout lieu de la course.
pour les CRETES DU PAYS BASQUES à ESPELETTE dans le 64 la facture concernant les secours et sécurité ( équipes professionnelles d'urgentistes même si en plus j'ai 10 à 12 médecins bénévoles,les moyens de transmissions,zéro mètre non couvert,avec moyens de transmissions à cheval,à pied,en véhicules tout terrain,en randonneurs :un sur cinq muni d'un carton avec modalités d'appel en cas d'incident physique constaté sur le parcours ,( 3700 coureiuurs et 2200 marcheurs )nous coute 12000 oui douze mille euros.Nous ne le regrettons pas,certes ce n'est pas une assurance tout risque ,mais ce sera un argument en cas de pépin.En 2011 temps maximum d'intervention,je rappelle que c'est une course de montagne 2minutes 35.
Ajoutons depuis peu les contraintes NATURA 2000,et je persiste à dire qu'une trail est plus difficile à organiser qu'une course sur route.Mais c'est pour moi un choix naturel ,comme fils d'agriculteur ayant dans ma jeunesse couru derrière vaches et brebis dans une région le PAYS BASQUE au profil accidenté ,mais magnifique.

quant aux tricheurs et tricheuses,nous avons en 2010 , débusqué une tricheuse qui se prévalait de performences en v4 dignes de trés bon seniors . Elle est BELGE , et se prévalait d'être entraînée par SALAVARDA,entraîneur il me semble connu en BELGIQUE ,amis également connu....par moi ,car ayantcouru les CRETES en 1976 à ESPELETTE. Quand je lui ai téléphonné pour savoir si j'avais agi avec assez de délicatesse ( c'est à dire aucune ) en la disqualifiant , la réponse de SALAVARDA fut sans équivoque : " tu es le premier à l'avoir coincée , comment as-tu fais ?" C'est ici que je découvre une des utilités des puces,nous sommes au code barre,sauf que nos servicesde transmissions servent aussi à contrôler les passages ,plus particulièrement des 15 premiers hommes et des 15 premières femmes . Voilà que d'un seul coup notre BELGE passe de statut inexistant pendant les 3 premiers contrôles à première féminine au quatrième,attire l'attention,passe donc à ce fammeux ravitillemt avec un foulard beige en forme de BURKA et nous revient 150 mètres plus tard avec oujours un foulard en forme de BURKA ,mais bleu cette fois. A ma question (malheureusement pour elle comme directeur de course j'étais juste là à ce moment)voulait se faire passer pour une suportrice en foulard bleu qui était venue encourager sa soeur jumelle qui elle était en foulard beige.
je passe les détails suivants qui sont trés pittoresques sur le devenir de cette fameuse soeur jumelle que nous....n'avons jamais pu voir et qui soit disant serait partie de colère d'SPELETTE à MONACO à 11 heures dumatin alors que l'incident avait eu lieu à ...17 heures.

quant aux primes des courses,là aussi ma ( notre ) position a été trés claire dèsle début:primes zéro centime.
Cette position m'a valu en 1982 une manifestation d'un espèce de syndicats de coureurs qui me convoquèrent,pour parler du pays "des primes " certains d'ailleurs ne savaient qu'ils étaient là pour ça ) ils me prédisirent si je maintenais ma position la mort de ma course. je répondais que je n'allis pas bouger d'un pouce ma position,que les frais d'engagement de la masse des coureurs ne devait pas servir à financer les primes de quelques uns ,mais devaient être utilisés ce à quoi ils sont destinés : sécurité,promotion,tee-shirt ou autre souvenir pour tous,animations festives etcje leur dissais qu'avec les primes n'importe quel RUSSE ,KENYAN, ou autre ETHIOPIEN de quatyrième catégorie rafflerait toutes les primes ,ce qui en plus de la fatigue de la course leur procurerait de l'amertume.
nombreux sont parmi ceux-là qui m'ont depuis donné raison et sont même venus courir aux CRETES DU PAYS BASQUER qui de 300 coureurs en 1982est en 2011 à 3600 coureurs et 2200 marcheurs et 3600 repas de fête le soir.Pour moi organisateur et pour beaucoup de coureurs cela vaut toutes les primes.
je termine ce message en soulignant que je suis depuis 1966 organisateur de courses hors stade (avec une interruption en 1968 pour période millitaire) mais toujours aussi enthousiaste au contact des sportifs et particulièrement des coureurs à pied qui est ma deuxième famille.
comme on dit au PAYS BASQUE gero arte ou pour parler FRANCAIS à +

gabi ETXART
gabi ETXART
Commentaire n°2 posté par ETXART GABI le 20/11/2011 à 03h49
Il est certain que de nombreux organisateurs cèdent à la mode du trail mais je ne pense pas que cela durera encore très longtemps. Comme tu le dis, certains s'en mordent déjà les doigts car avec la multiplication des épreuves, la participation commence à baisser. Et si l'on totalise le nombre de participants sur la France entière, la participation sur les courses sur route est très loin devant. Les courses sur route les plus en vue (et aussi celles qui font le plus de communication et qui souvent jouent le côté festif avec nombre d'animations) sont toujours en progression parfois très forte. Je pense même qu'à un moment donné, certains purs trailers vont vouloir s'essayer sur route. La diversité des types de courses à pied organisées en France est bénéfique pour tout le monde car elle permet d'élargir le panel des coureurs qui se limitent rarement toute leur vie à un seul type de course. Une course qu'elle soit sur route, sur chemin ou sur sentiers attirera toujours du monde à partir du moment où elle est bien organisée, que le parcours est attrayant (certaines courses sur route se déroulent aussi en pleine nature) et qu'elle est conviviale.
Yves CARNET, président de la CDCHS du Jura,
ex organisateur du Tour de la Serra (plus de 1000 coureurs dans un village de 60 habitants),
membre du Challenge de la Convivialité et des produits du terroir
Commentaire n°3 posté par CARNET Yves le 26/11/2011 à 11h19

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