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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 18:40

   A lire certains prophètes du déclin français le cross serait une espèce en voie de disparition. Il y a quelques années, lors d'une retransmission du marathon de Paris sur France 3, Patrick Montel avait évoqué "le cross qui se meurt". Récemment on a pu lire un commentaire du même genre sur un site de running d'autant plus important qu'il est couplé avec un site de vente d'articles concernant la CAP.

 

   Quand je lis ou j'entends ce genre d'avis je me demande à chaque fois si ces commentateurs vont de temps en temps sur le terrain.

 

   Dimanche dernier le 34° cross Ouest France a rassemblé 12 360 coureurs et coureuses sur 50 courses. Evidemment tous les cross ne peuvent accueillir une même foule pour la simple raison que la plupart d'entre eux ne sont pas accessibles sans une licence de la Fédération française d'athlétisme ou d'une fédération affinitaire. D'autre part les "défaitistes" ont tendance à comparer le cross aux grandes épreuves routières. Quand, en plein hiver, un cross régional réunit seulement quelques centaines de coureurs et coureuses depuis les vétérans le matin jusqu'aux séniors en fin d'après-midi, ce n'est pas du tout un échec.

 

   J'ai participé à des dizaines de cross depuis plusieurs décennies (dont un championnat de France), c'est une discipline de l'athlétisme très exigeante, conçue avant tout pour les adeptes du fond et du demi-fond sur piste. S'y ajoutent aujourd'hui des routiers et des traileurs soucieux de travailler leur seuil et leur VMA à la "mauvaise saison". C'est seulement quand les organisateurs ajoutent des épreuves populaires ouvertes aux non licencié-e-s qu'on arrive à des chiffres importants, comme dimanche dernier.

 

   Les pessimistes se lamentent parce que le cross n'est plus télévisé comme avant. En effet le championnat de France masculin passait jadis sur la première chaine en noir-blanc du service public. Maintenant, avec la privatisation, il faudrait payer très (trop) cher pour obtenir une retransmission le dimanche après-midi. Mais le cross n'est pas le seul à pâtir de cette situation : longue serait la liste des sports qui ne sont plus retransmis ! Sauf que certains cross importants (y compris le championnat de France) se voient tout de même retransmis parfois en direct par les chaînes régionales de France 3 : or de chez soi on peut accéder à toutes les éditions régionales de France 3 ; il suffit de consulter les programmes.

 

  Dimanche prochain je vais (pour la nième fois) assister au championnat Rhône-Alpes de cross. La dernière fois j'avais notamment admiré un peloton de 150 cadettes, la plupart en short, débardeur, sans gants ni bonnet, bravant le froid et la bourrasque. Ce jour-là je m'étais dit que non seulement le cross n'était point en danger de mort, mais qu'il ne fallait pas non plus désespérer de la jeunesse française.

 

 

                                 Michel Delore

 

  * Dans mon livre "Running, course sur route-course nature" (Ed.Amphora) j'ai consacré plusieurs pages aux caractéristiques du cross, à ses bienfaits pour routiers et traileurs, et proposé un programme d'entraînement.

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commentaires

michel delore 24/01/2015 17:38

Aujourd'hui je vois plus de monde sur les cross qu'autrefois, mais il est vrai que la population a augmenté. Les courses des "as" n'ont jamais eu beaucoup de monde, je les ai toujours vu réservées
à une petite élite.

run 24/01/2015 13:46

J'ai lu l'article en question et il sonne plus juste que le votre. Le déclin est notable par les arguments cités : si ce n'est les gros cross qui profitent de pub et de mise en avant, ainsi que
vous l'avez justement dit la capacité d'accueil, les petits cross maigrissent à vue d'oeil, plusieurs catégories sont regroupées par force, lors des championnats certains clubs n'arrivent plus à
former d'équipe masculine.
Il est facile de citer un exemple qui vous convient, ou que vous connaissez et c'est normal, mais j'en ai d'autres où on se retrouve à 40 coureurs sur la course des "as", où on crée des épreuves
non-cross pour essayer de garder l'événement à flot.
Aller à l'inverse de ce constat est plus qu'étonnant tellement c'est évident. Il n'y a qu'à aller sur le terrain, comme vous dîtes.
Vous avez juste sur les retransmissions : beaucoup de sport patissent de non-retransmission. C'est tout de même navrant, au niveau national déjà, mais aussi au niveau international.
Rien n'est comparé aux épreuves route, c'est juste évoqué
Les pessimistes dont vous parlez, sont juste réalistes, et parmi eux comme moi et vous ont plusieurs décennies de course, de cross et de passion.
Il est juste de constater et de poser les questions.
Amitiés sportives et bon cross régional ce week end!!

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