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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 17:40

   L'évènement a fait du bruit dans le monde du trail : la sortie par certains chaussuriers de modèles trail haut de gamme d'un poids avoisinant les 250 grammes, presque un exploit si on songe qu'une chaussure de trail (en comparaison d'un modèle route) doit être rigide à l'avant et à l'arrière afin de maintenir le pied et de le préserver des chocs, tout en disposant d'une bonne accroche au sol. On est loin des "sabots" de 400 grammes proposés sur une grande partie des points de vente.

 

   Pour la route et les petites courses nature il existait déjà des modèles ultra légers de 200 à 250 grammes prévus pour les 10 km, et que les bons (semi)marathoniens utilisent également afin d'améliorer leurs performances. Dans mon nouveau livre "RUNNING du jogging au marathon, course sur route-course nature" (Ed.Amphora) j'explique qu'avec une chaussure de 250 grammes au lieu d' une autre de 350 grammes je gagne près de 30 secondes par kilomètre.

 

   Dans les années 90 un vainqueur de la Saintélyon, le stéphanois Maurice Mondon, a gagné avec ses chaussures de 200 grammes du 10 km route à peine striées : "sur le bitume je faisais la différence, sur les portions traileuses je faisais l'impasse", me déclara-t-il.

 

   En marche athlétique, où on effectue 2 fois et 1/2 de plus de petits pas que de foulées en courant, on est amené à utiliser des ultra-légères, comme par exemple l'Adidas Adizero à fermeture velcro : 210 grammes pour moi en 11 1/2 US (46), 190 grammes pour les pointures moyennes. En 2001 j'ai gagné l'ascension de l'Alpe d'Huez en marche athlétique avec des chaussures équivalentes.

 

   En 2009 je suis revenu prendre une inattendue 3ème place dans cette très difficile ascension de 14 km (après l'arrivée pour la première fois de ma carrière sportive j'ai fini dans l'ambulance victime d'un malaise vagal). J'avais utiisé un petit bijou, la "Nike 100 km", un modèle publicitaire prévu uniquement pour cette distance en courant et pesant 130 grammes en 11 1/2 !  Je ne l'utilise que pour certaines compétitions de marche, surtout en montée : la semelle s'use très peu et ma 100 km en a déjà bien plus au compteur...

 

   En athlétisme sur piste et en cross nous disposons depuis toujours de chaussures légères en courant sur l'avant-pied, certains modèles étant recourbés à l'avant afin de faciliter l'attaque au sol.

 

   On affirme qu'avec les minimalistes il faut modifier la foulée en amortissant sur le sol avec la moitié avant du pied, mais nous sommes déjà des centaines de milliers dans le monde à le faire naturellement dès que nous voulons accélérer, le talon ne faisant qu'effleurer le sol. On se propulse sur l'avant-pied comme en vélo où l'articulation des orteils doit se trouver au dessus de l'axe de la pédale.

 

   Dans "Running" j'ai écrit que "L'une des raisons de la vitesse supérieure de beaucoup de coureurs et de coureuses réside dans la légèreté de leurs membres inférieurs, donc aussi de leurs chaussures. Mais un poids réduit de la chaussure ne suffit point : la réactivité de la semelle, principalement du bord intérieur à l'avant, revêt une grande importance quand on veut courir sur l'avant-pied, donc dans les régles de l'art : de la nature du matériau placé à cet endroit précis (et de son poids) dépend une bonne partie du rendement de la chaussure".

 

   Et c'est là qu'à l'achat on peut se faire piéger : dans une grande surface d'articles de sport, à côté de l'Adizero un modèle apparemment identique d'une autre marque était proposé pour 30 euros de moins, sauf qu'en tâtant la face avant interne de la semelle je me suis aperçu qu'au lieu d'un matériau dur (donc très réactif) se trouvait une vulgaire mousse, une constatation confirmée par le vendeur !

 

  Dans "Running" j'ai expliqué que "L'amorti des modèles haut de gamme est réduit. L'amorti n'est pas ce que l'on attend d'eux : avec un amorti important (qui suppose une semelle plus épaisse donc plus lourde) la semelle s'écrase sur le sol et il faut un certain temps pour le faire rebondir : pour le coureur ou la coureuse rapide (ou qui cherche à le devenir) cet amorti est du temps perdu.

 

   Et s'il s'agit du choix de chaussons ressemblant à des gants , on est proche du "barefoot" (pied nu) : il faut raccourcir la foulée et en augmenter la fréquence. Question légèreté difficile de faire mieux !

 

 

                                          Michel Delore

 

 

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