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6 septembre 2015 7 06 /09 /septembre /2015 20:42

Chamonix a vécu fin août une semaine historique. Après le succès total des Français-e-s lors des championnats du monde de trail, ce sont encore des Français qui se sont imposés dans l'UTMB. Avec les 4 autres épreuves qui l'entourent ce sont 7500 traileurs et traileuses des 5 continents qui vinrent à Chamonix, record battu. Le village-expo qui entourait ces trails est en passe de rattraper en nombre d'exposants celui qui précède le marathon de Paris. Pour la diététique il le précède : 19 exposants. Au sujet du trail on n'hésite pas à employer les termes de "phénomène de société". La spécialité vient même d'être reconnue par l'IAAF (fédération internationale d'athlétisme) comme composante officielle de l'athlé.

La capitale des Alpes n'est pas la seule à bénéficier de l'engouement pour le trail : après les cyclosportives, le VTT et la marche nordique les stations de ski de toutes les régions misent sur le nouveau sport d'été qu'est le trail. Il en existe même l'hiver dans la neige. Les retombées en matière d'hôtellerie et de restauration sont importantes à la basse saison dans des stations qui jadis voyaient certains établissements fermer l'été. Courir ou marcher sur terrain accidenté gagne même la ville avec le "trail urbain" : une vingtaine de villes françaises ont emboité le pas à Lyon qui a lancé la formule et rassemble 10 OOO participant-e-s.

Certes le phénomène n'est pas totalement nouveau. Il y a 20 ans, alors que le mot "trail" était pratiquement inconnu, la région Rhône-Alpes était déjà la région française organisant le plus grand nombre de compétitions pédestres grâce aux courses de montagne (ascensions de courte distance), aux courses nature de courte distance et raids de juillet-août. La 6000 D, avec plusieurs centaines de pratiquant-e-s, préfigurait ce que serait un jour le trail.

Les équipementiers et les boutiques spécialisées sont nombreux à financer une "team" de trail. En fin de saison il existe même un "mercato", comme dans le foot.

Ceci dit, de nos montagnes redescendons sur terre, ou plutôt sur le bitume. Au marathon de New-York le Kenyan de service arrivé premier s'est ramassé 100 000 dollars, le total des primes atteignait près de 20 fois cette somme. 2 millions de spectateurs assistaient à l'épreuve retransmise en direct dans le monde entier. Ici comme à Boston ou Chicago on refuse du monde : 50 000 coureurs et coureuses est une affluence qui ne surprend personne. Paris et Londres les talonnent. Quand notre capitale est passée de 40 000 à 50 000, personne n'a parlé de phénomène de société. Jadis épreuve inhumaine réservée à une poignée de fadas le marathon est devenu une épreuve populaire, de demi-fond, presque une course de vitesse. Rares sont les grandes villes françaises qui n'organisent pas un marathon : certaines se croiraient déshonorées de ne pas en avoir un.

On se demandait si les Kenyans n'allaient pas envahir les trails : vu le montant des primes dans les courses sur route (en comparaison des trails), ce n'est pas demain la veille. Il existe bien plus de revues et de livres pour la route que pour le trail. Les épreuves plus courtes ont aussi le vent en poupe : dans une grande ville 10 000 coureurs et coureuses est un chiffre normal. L'an dernier le "Run in Lyon" organisé par ASO (Amaury Sport Organisation) a rassemblé 25 000 participant-e-s : quand le dernier coureur a réussi à franchir la ligne de départ, le premier du 10 km était déjà arrivé. Cette année ASO mise sur 35 000. A souligner que ASO a fait une incursion avec un trail dans le Massif Central : tentative non concluante. Tout le monde n'est pas montagnard. Le numéro un mondial de l'évènementiel sportif a préféré racheter (ou créer) des marathons étrangers (Barcelone, par exemple).

Trail, route, voilà deux phénomènes qui n'en font qu'un : les deux ensemble constituent un seul phénomène de société et chacun-e pratique la spécialité qui lui plait ou lui convient le mieux. Voilà pourquoi nous devons nous méfier des gens qui osent dire que les traileurs passent leur temps à marcher et des autres que la route c'est courir entre deux barres de béton. Ceux qui cherchent à nous diviser ne sont pas des vrais sportifs et il s'excluent d'eux-même de l'immense communauté des runners.

Michel Delore

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